Voyager avec une rectocolite : Frankie n’a pas perdu courage

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Certains jours je vais bien, d’autres jours moins. Et j’avoue que parfois, ça ne va pas du tout. Il y a quelque temps, par exemple, j’ai eu une nouvelle poussée. C’était très dur, tant au niveau physique que mental.

Enfin, je me sentais un peu mieux. Peu à peu, je sortais du marasme dans lequel m’avait plongé ma première poussée. J’ai planifié mes premières sorties au restaurant. Et finalement, j’ai commencé à rêver à nouveau de… voyages.

L’année n’avait pas été facile, et pour ma femme non plus : tout au long de ces mois, elle a été mon infirmière. Très longtemps, j’ai eu peur de sortir, et ça affectait lourdement le moral, y compris le sien. Nous en avions tous les deux besoin.

Honte et incertitudes

Ensemble, nous avons élaboré des projets pour l’avenir. Un week-end à la mer, mon road trip annuel avec mes amis, un voyage au championnat d’Europe de taille de bonsaï avec mon beau-frère. Mais j’avais tout sauf l’esprit tranquille : j’avais peur. Je doutais, j’étais rempli d’incertitudes. « J’ai la tête qui tourne », a écrit Herman Brusselmans. Maintenant je comprends ce qu’il veut dire. Ça n’arrête pas.

Ma toute première excursion a tourné au désastre. Tout avait pourtant bien commencé, c’était une magnifique journée. Un de ces jours où je n’aurais pas hésité à sortir ma moto avant. Tous les ingrédients étaient réunis pour profiter d’une balade à moto, comme par le passé. J’avais tracé un itinéraire. Celui-ci me mènerait à la brasserie Duvel en passant par Puurs. Duvel, la boisson que j’appréciais tant avant.

« Nous avons fait des projets pour l’avenir. Mais j’avais peur, je doutais, je n’étais pas rassuré. »

Hélas. Après une heure et demie à peine, je me sentais tellement fatigué que j’ai dû faire demi-tour. Je n’arrivais plus à me concentrer et je sentais que ça devenait trop dangereux. Pour moi, conduire une moto a toujours été relaxant. Là, ça tenait plus de l’effort.

Un seul besoin urgent

Pourtant, je n’ai pas perdu courage, et ma femme et moi avons tenté une autre escapade : un week-end à la mer. Nous avions tout planifié : quelques jours plus tôt, je recevrais en même temps mon quatrième vaccin Covid et mon traitement.

Le trajet aller s’est très bien passé. Je n’ai ressenti qu’une seule fois un besoin urgent d’aller aux toilettes, et c’était juste au moment où nous passions devant une station-service ! Heureusement, celle-ci était encore ouverte, sinon il n’y aurait plus eu aucun accès à des toilettes.

Un week-end catastrophique

Malheureusement, le week-end s’est beaucoup moins bien passé. J’ai pourtant fait très attention à ce que je mangeais. Mais je n’ai pas fermé l’œil de la nuit, j’ai passé tout mon temps aux toilettes. Horrible. Un coup dur, tant pour le physique que pour le moral. Par la suite, mon médecin m’a expliqué que c’était probablement la combinaison du traitement et du vaccin Covid qui m’ont joué ce sale tour. Quoi qu’il en soit : entre-temps, on m’a donné des médicaments plus lourds et quelques semaines plus tard, je me sentais un peu mieux.

De la poussée à la rémission ?

Je n’ai toujours pas baissé les bras après cela. Au contraire : notre road trip annuel à moto approchait, et j’avais vraiment hâte d’y être. Bien sûr, j’étais un peu inquiet : est-ce que j’en étais capable ? Comment allais-je gérer ce voyage ? Pour me rassurer, j’ai d’abord effectué une sortie d’une journée en guise de test : je suis allé au Westhoek à moto, avec ma femme. Nous avons apporté notre pique-nique et j’ai pris des médicaments pour me préparer. C’était une journée merveilleuse, qui m’a redonné confiance.

Rêver et refaire des projets

Et le moment est venu : le road trip tant attendu. C’était fantastique. Même si tous les soirs, j’étais au lit à 21 heures, épuisé, et que j’ai eu quelques problèmes intestinaux la dernière nuit. Heureusement, j’ai de bons amis, très compréhensifs, qui n’ont pas trouvé grave de partir un peu plus tard ce dernier jour. Et maintenant… ma femme et moi rêvons de notre prochain voyage à moto. Moselle, nous voilà !