Médicaments pour la maladie de Crohn et pour la rectocolite hémorragique

Il n’existe malheureusement aucun traitement capable d’éliminer la cause de la maladie de Crohn ou de la rectocolite hémorragique et donc de guérir ces maladies. Il existe toutefois des médicaments qui les traitent efficacement et qui peuvent ainsi faire disparaître ou réduire les symptômes. On distingue les traitements destinés à contrôler les poussées, pris pendant une poussée, et les traitements d’entretien, pris pendant les périodes de rémission – lorsque les symptômes sont moins présents, voire absents.

Quels traitements existent ?

La maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique sont toutes deux des maladies inflammatoires. Le traitement vise à moduler ou à supprimer l’activité du système immunitaire. L’approche comprend généralement deux phases :

  • Pendant une poussée, les médicaments contrôlent la maladie active : on parle de traitement d’induction.
  • Pendant les périodes de rémission, le médecin utilise un traitement d’entretien afin de maintenir la maladie sous contrôle.

Le médicament le plus adapté dépend de l’évolution et de la gravité de votre maladie. De plus, la réponse au traitement est très personnelle. Consultez votre médecin afin de déterminer quel traitement vous convient le mieux.

Voici les 8 traitements les plus couramment utilisés pour la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique :

1. Préparations à base de 5-ASA

La mésalazine (également appelée acide 5‑aminosalicylique ou 5‑ASA) agit directement dans l’intestin, où elle traite localement l’inflammation de la muqueuse intestinale. La forme d’administration – comprimés, granulés, suppositoires ou lavements – dépend de l’emplacement exact de l’inflammation dans le côlon.

Ce traitement est principalement utilisé comme premier choix tant pour l’induction que pour l’entretien dans la rectocolite hémorragique.

Contrairement à la rectocolite hémorragique, les préparations à base de 5‑ASA ont généralement un effet insuffisant dans la maladie de Crohn. Elles sont donc aujourd’hui peu utilisées pour cette maladie.

2. Corticostéroïdes

Il s’agit de puissants anti-inflammatoires qui agissent très rapidement, souvent en une à deux semaines. Les médecins les utilisent comme solution d’urgence pour contrôler efficacement une poussée sévère.

Cependant, une utilisation prolongée peut entraîner de nombreux effets indésirables, parfois graves : prise de poids, ostéoporose et troubles du sommeil. Les corticostéroïdes ne conviennent donc pas à un traitement d’entretien.

3. Immunosuppresseurs

Ces médicaments, notamment les thiopurines et le méthotrexate, suppriment l’activité du système immunitaire, qui est hyperactif dans les Maladies Inflamatoires Choniques de l’Intestin (MICI).

Les thiopurines nécessitent six à douze semaines pour agir et requièrent, au début du traitement, des contrôles sanguins réguliers car elles peuvent influencer les globules blancs. Le méthotrexate agit plus rapidement (4 à 8 semaines) et est généralement administré une fois par semaine par injection sous-cutanée.

Les types de traitements suivants sont principalement prescrits en deuxième ligne, lorsque les thérapies mentionnées ci-dessus ne fonctionnent pas ou ne sont plus suffisamment efficaces :

4. Anti-intégrines

Les anti-intégrines, comme le védolizumab, agissent de manière sélective dans l’intestin. Ils empêchent certaines cellules immunitaires de passer du sang vers la paroi intestinale où elles provoquent une inflammation. Les anti-intégrines sont prescrites à la fois dans la maladie de Crohn et dans la rectocolite hémorragique.

5. Antagonistes du facteur de nécrose tumorale alpha (TNF-α)

Ces médicaments – basés sur les molécules adalimumab et infliximab – neutralisent la protéine TNF‑alpha, un médiateur important du maintien de l’inflammation. En bloquant cette protéine, l’inflammation intestinale peut être contrôlée. Ces traitements sont prescrits à la fois dans la maladie de Crohn et dans la rectocolite hémorragique.

6. Inhibiteurs des interleukines 12 et 23

Les inhibiteurs de l’IL‑12/IL‑23 tels que l’ustékinumab, ainsi que les inhibiteurs de l’IL‑23 tels que le risankizumab, le mirikizumab et le guselkumab, sont des groupes d’anticorps. Ils bloquent les protéines interleukine 12 et/ou 23 qui jouent un rôle crucial dans le déclenchement de l’inflammation du système immunitaire. En inhibant ces protéines, l’inflammation peut être maîtrisée.

Ces quatre inhibiteurs sont utilisés aussi bien dans la maladie de Crohn que dans la rectocolite hémorragique.

7. Inhibiteurs de JAK

Les inhibiteurs de JAK sont de petites molécules chimiques (« small molecules ») qui agissent de manière très ciblée à l’intérieur des cellules impliquées dans l’inflammation. Elles bloquent des enzymes JAK spécifiques participant à la transmission des signaux inflammatoires et réduisent ainsi fortement la production de facteurs inflammatoires.

Le tofacitinib et le filgotinib sont principalement utilisés dans la rectocolite hémorragique. L’upadacitinib est utilisé à la fois dans la maladie de Crohn et dans la rectocolite hémorragique.

8. Modulateurs des récepteurs S1P

Les modulateurs des récepteurs S1P, tels que l’ozanimod et l’étrasimod, sont des immunomodulateurs très sélectifs et, comme les inhibiteurs de JAK, des « small molecules ». Ils permettent de retenir un certain type de globules blancs (lymphocytes) dans les ganglions lymphatiques, les empêchant ainsi d’atteindre l’intestin et d’y provoquer une inflammation.

Ce traitement est utilisé dans la prise en charge des formes modérées à sévères de rectocolite hémorragique active.

Plus d’informations sur les traitements

Pour en savoir plus sur l’utilisation et les effets secondaires des différents traitements, vous pouvez consulter les notices du Centre Belge d’Information Pharmacothérapeutique (CBIP).

Autres médicaments pour la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique

D’autres traitements pouvant être prescrits par les médecins comprennent :
• Antibiotiques
• Médicaments contre la diarrhée
• Préparations vitaminiques
• Antalgiques

Références

Disclaimer : Le contenu de cet article est fourni uniquement à des fins d’information et d’éducation. Il ne remplace pas un avis médical ni un traitement prescrit par un médecin. Consultez votre médecin traitant ou un membre de votre équipe MICI pour toute question ou problème de santé spécifique.

C-ANPROM/BE/IBDD/0132 – July 2026