Une équipe MICI solide, la clé pour de meilleurs soins

IBD team UZ Gent

Vivre avec la maladie de Crohn ou une rectocolite demande plus qu’une expertise médicale. C’est pourquoi dans de nombreux hôpitaux, l’équipe MICI collabore avec des spécialistes d’autres disciplines. C’est également le cas à l’UZ Gent. Une équipe MICI multidisciplinaire suit le parcours des patients, les soutient dans tous les domaines de la vie et les aide à atteindre une rémission profonde. Le tandem formé par les gastro-entérologues et le personnel infirmier MICI joue un rôle essentiel. Le Dr. Jeroen Geldof, gastro-entérologue et Goedele Dewitte, infirmière MICI*, expliquent comment fonctionne cette collaboration et pourquoi elle fait une telle différence.

Quel est l’intérêt d’une équipe multidisciplinaire ?

Jeroen Geldof : « Les MICI sont plus complexes qu’une inflammation des intestins. Moi, je vois les paramètres médicaux, mais bien sûr, un patient est bien plus que ses résultats d’examens cliniques. Les patients ressentent l’impact des MICI dans de nombreux autres domaines de leur vie, tant sur le plan physique que mental. C’est pourquoi notre équipe comprend des gastro-entérologues, du personnel infirmier spécialisé dans les MICI, des nutritionnistes, un psychologue et une équipe de recherche. En outre, nous collaborons avec des collègues d’autres disciplines, comme des rhumatologues, des ophtalmologues, des dermatologues, des radiologues, des chirurgiens, etc. Cette combinaison d’expertises nous permet d’aborder les MICI sous tous les angles. »

Goedele Dewitte : « Cette approche multidisciplinaire est très appréciée par les patients. Ils sont rassurés de savoir qu’une équipe complète les connaît et réfléchit avec eux à l’amélioration de leur qualité de vie. »

Goedele, quel est votre rôle en tant qu’infirmière spécialisée dans les MICI ?

Goedele Dewitte : « Je fais le lien entre le parcours médical et la vie quotidienne. Après un diagnostic, les gens sont souvent dépassés : ils ne retiennent qu’une fraction de ce que le médecin leur a dit. Je prévois alors un moment pour tout leur réexpliquer, vérifier ce qu’ils ont retenu et dissiper les malentendus. Je suis joignable par téléphone et par e-mail, ce qui facilite le contact. Les gens n’hésitent donc pas à me faire part de leurs préoccupations : fatigue, questions relationnelles, intimité… tout ce qui est parfois plus difficile à aborder avec un médecin. »

Jeroen Geldof : « Et cela m’aide énormément. Avec l’accord du patient, l’infirmière MICI peut me faire part de ses observations, et cette interaction me permet d’avoir une image beaucoup plus complète du patient. »

Comment vous complétez-vous mutuellement pendant le suivi ?

Jeroen Geldof : « De mon côté, je m’intéresse à l’activité de la maladie, aux stratégies de traitement et aux examens : l’aspect clinique. Mais je sais que la meilleure des thérapies ne vaut pas grand-chose si elle n’est pas applicable dans la pratique pour le patient. »

Goedele Dewitte : « C’est là que j’interviens. Je sens vite ce qui est possible pour une personne : est-ce qu’elle peut se faire des injections, une thérapie par perfusion peut-elle être organisée via des hospitalisations régulières en hôpital de jour, comment concilier cela avec le travail ou les enfants ? J’explique toutes les options, en mentionnant leurs avantages et leurs inconvénients. Je transmets ces informations à Jeroen, afin qu’il puisse y adapter au mieux la partie médicale. »

Jeroen Geldof : « Ces informations permettent d’offrir des soins plus personnalisés, qui tiennent compte de la situation de chaque patient. »

Comment veillez-vous à ce que chaque patient comprenne tout ce qu’il doit savoir ?

Goedele Dewitte : « Une communication claire est essentielle, y compris avec les patients allophones. C’est pourquoi nous collaborons avec des interprètes et disposons de brochures en plusieurs langues. Cela réduit les barrières et permet aux gens de se sentir vraiment écoutés. Car dans la pratique, nous constatons que tout le monde a des idées fausses sur les MICI. Il arrive régulièrement que des parents se sentent coupables que leur enfant soit atteint d’une MICI, parce qu’ils craignent de lui avoir donné une mauvaise alimentation. C’est à moi de dissiper ces malentendus. »

Jeroen Geldof : « Parfois, une bonne discussion est aussi importante qu’un médicament. Parler permet aussi de favoriser l’observance du traitement. Et la communication ne s’arrête pas à notre porte. La collaboration avec les médecins généralistes et les centres médicaux locaux est très importante pour nous. Ils repèrent de mieux en mieux les signes potentiels de MICI et orientent les patients plus tôt vers nous. »

Goedele Dewitte : « C’est vrai. Toujours plus de médecins généralistes nous appellent directement pour nous poser des questions. D’ailleurs, je joue un rôle de triage dans ces contacts : j’aide les médecins généralistes à orienter plus rapidement les patients au bon endroit. C’est un partenariat. Plus cette collaboration est bonne, plus nous pouvons aider rapidement une personne. »

Comment accompagnez-vous les patients lors d’examens difficiles, comme une coloscopie ?

Jeroen Geldof : « Les examens endoscopiques restent indispensables : c’est le seul moyen de voir à quel point l’inflammation est active et de prélever des biopsies. En plus, ils sont tout aussi importants pour détecter les stades précoces du cancer colorectal et les traiter à temps. Mais je sais que la préparation est difficile. »

Goedele Dewitte : « J’ai moi-même goûté une dose de cette boisson et en effet, son goût est désagréable, un mélange sucré-salé très étrange. Mais il n’existe malheureusement pas d’alternative. C’est pourquoi je donne des conseils pratiques à nos patients : la boire froide, avec une paille, masquer le goût avec de la grenadine ou un sirop… Et j’explique pourquoi la coloscopie est nécessaire. Quand on comprend le pourquoi, la peur diminue. »

Jeroen Geldof : « En abordant ces examens en équipe, nous les rendons plus supportables et plus qualitatifs. »

Comment cette collaboration contribue-t-elle à la qualité de vie des patients ?

Jeroen Geldof : « Plus vite nous obtenons une rémission profonde – donc que nous voyons sur l’image qu’il n’y a plus d’inflammation dans les intestins -, moins il y a de dommages à long terme. C’est notre ambition pour chaque patient. »

Goedele Dewitte : « Et entretemps, nous nous intéressons à la vie que la personne souhaite mener : voyager, étudier, avoir des enfants… Tout cela est possible, avec le soutien adéquat. Je rappelle régulièrement aux gens que les MICI ne sont qu’une partie de leur identité. Cela les aide à prendre du recul. »

Jeroen Geldof : « Les soins liés aux MICI ne fonctionnent vraiment que si l’expertise médicale et la proximité humaine vont de pair. »

Un dernier conseil pour les patients ?

Goedele Dewitte : « Faites-vous accompagnez à la consultation : par votre partenaire, vos parents… Après tout, votre entourage fait partie de votre parcours. Plus ils seront impliqués, mieux ils pourront vous comprendre et vous soutenir. »

Jeroen Geldof : « Et ne gardez pas vos questions pour vous : nous sommes toujours là pour y répondre. »

*MICI signifie « maladie inflammatoire chronique de l’intestin »

Rédigé par The Fat Lady, d’après un entretien avec le Dr Jeroen Geldof, gastro-entérologue, et Goedele Dewitte, infirmière spécialisée dans les MICI.

Avertissement : le contenu de cet article est uniquement destiné à des fins informatives et éducatives. Il ne remplace pas les conseils médicaux ou le traitement par un médecin. Consultez votre médecin traitant ou un membre de votre équipe MICI pour toute question et/ou problème de santé spécifique.

C-ANPROM/BE/IBDD/0446 – Janvier 2026