Pour examiner vos intestins, les médecins peuvent recourir à différentes techniques d’imagerie. La coloscopie ou colonoscopie est l’une d’entre elles. Le Dr Jeroen Geldof, gastro-entérologue, et Goedele Dewitte, infirmière spécialisée dans les MICI* à l’UZ Gent, expliquent tout ce qu’il faut savoir sur la coloscopie.
1. Pourquoi dois-je subir une coloscopie ?
La coloscopie reste le principal moyen d’évaluer l’activité inflammatoire dans le côlon (et parfois dans la dernière partie de l’intestin grêle) et de déterminer s’il y a des lésions irréversibles.
Dr Geldof : « C’est le seul examen qui permet de voir immédiatement si l’intestin est encore enflammé et d’effectuer des biopsies – des prélèvements de petits morceaux de tissu. La coloscopie est un examen essentiel pour le diagnostic et le suivi des patients atteints de MICI. Elle joue également un rôle dans la prévention du cancer colorectal. En effet, chez les patients en rémission, nous cherchons d’éventuels stades précoces traitables de cancer, conséquences de l’inflammation. »
2. À quelle fréquence dois-je subir une coloscopie ?
La fréquence dépend de l’activité de votre maladie et de votre profil de risque :
- En cas de maladie active, une fréquence plus grande est conseillée, jusqu’à l’obtention d’une suppression complète de l’inflammation ;
- Chez les patients en rémission, nous continuons à effectuer des contrôles réguliers pour limiter au minimum le risque de cancer colorectal à long terme. En fonction de certains facteurs de risque, l’examen peut alors être annuel ou se faire tous les 3 à 5 ans.
Dr Geldof : « Nous proposons souvent une coloscopie lors d’une poussée de la maladie. C’est un examen ennuyeux, mais le meilleur moyen d’évaluer la gravité de l’inflammation. Au cours de la phase de diagnostic, cet examen nous permet aussi d’exclure d’autres causes possibles de problèmes intestinaux, comme une infection à CMV, qui se traite avec des médicaments antiviraux. »
3. Comment dois-je me préparer ?
Il est essentiel que l’intestin soit vide avant l’examen. Le nettoyage intestinal se fait à domicile, à l’aide d’une boisson laxative. Pour de nombreux patients, la préparation intestinale, qui consiste à boire jusqu’à 1 litre d’une boisson laxative mélangée à de l’eau, est l’aspect le plus désagréable de la coloscopie.
Dr Geldof : « Si vous devez en boire autant, c’est parce que l’intestin doit être complètement vide, sinon nous ne voyons pas bien ce qui se passe et pourrions passer à côté de certaines anomalies. »
Goedele Dewitte : « La boisson a un goût salé-sucré désagréable, et il n’existe malheureusement pas d’alternative en termes de goût. Je recommande toujours de la boire glacée, à la paille et mélangée à de la grenadine ou un autre sirop. Et de se mettre des rappels pour s’assurer de la boire régulièrement. »
4. Que puis-je manger et boire avant la coloscopie ?
- Une semaine avant l’examen : manger des aliments pauvres en fibres
- Les trois derniers jours avant l’examen : régime strictement pauvre en fibres
- La veille : uniquement des liquides clairs.
Goedele Dewitte : « En adaptant votre alimentation, vous permettez à la préparation de mieux passer dans les intestins. Ce qui améliore la qualité de l’examen et augmente votre confort. »
5. Puis-je continuer à prendre mes médicaments ?
Vous pouvez continuer à prendre la plupart de vos médicaments. Seule la prise d’anticoagulants, de suppléments en fer ou de certains médicaments contre le diabète doit parfois être interrompue, si votre médecin vous l’indique. Ce qui est autorisé ou non varie d’un patient à l’autre.
6. La coloscopie est-elle douloureuse ?
Au cours de l’examen, un endoscope – un tube fin et flexible muni d’une caméra et d’une lampe – est introduit par l’anus. En soi, ce n’est pas douloureux, plutôt inconfortable. Les personnes souffrant d’inflammations ou de rétrécissements sont plus sensibles à cet examen.
Dr Geldof : « Nous mettons tout en œuvre pour que nos patients se sentent à l’aise. De nombreux patients optent pour une anesthésie légère et chez les enfants, la coloscopie est systématiquement réalisée sous anesthésie générale. »
7. Dois-je subir une anesthésie légère ou générale ?
Normalement, on vous proposera une légère sédation qui provoque une somnolence, mais ne vous empêche pas de respirer de manière autonome.
Après l’intervention, cette somnolence persistera un peu et vous vous sentirez moins alerte pendant un moment. Mieux vaut donc vous faire accompagner à l’hôpital.
8. Combien de temps dure la coloscopie ?
En moyenne, elle dure 20 à 30 minutes. Elle peut être plus longue dans certaines situations, s’il y a plus de travail à effectuer. Par exemple, quand il faut prélever de nombreuses biopsies ou qu’il faut dilater un rétrécissement.
9. Que voit exactement mon médecin ?
Dr Geldof : « Pour obtenir une bonne visibilité, nous insufflons un peu d’air ou d’eau dans l’intestin. »
Un côlon normal a un aspect plutôt pâle et rosé et présente un beau réseau de vaisseaux sanguins. Chez les patients atteints de MICI, ce réseau normal disparaît à cause de l’inflammation et on voit plutôt des rougeurs et des signes de lésions de la muqueuse intestinale. Parfois, il s’agit de lésions superficielles, parfois d’ulcères profonds.
Chez les patients atteints de rectocolite, l’inflammation est généralement superficielle et plutôt continue.
Chez les patients atteints de la maladie de Crohn, il s’agit plus souvent d’ulcères profonds, les zones d’inflammation peuvent être plus dispersées et on observe parfois des rétrécissements de l’intestin.
10. L’examen comprend-il des biopsies ?
Souvent, c’est le cas. Cela fait partie de la procédure standard et n’est pas douloureux. Dr Geldof : « Les biopsies – le prélèvement de petits morceaux de tissu – sont examinées au microscope et nous aident à évaluer l’état de l’inflammation, les infections virales ou le risque d’évolutions malignes. »
11. Comment vais-je me sentir après l’examen ?
Grâce aux techniques actuelles, vous ne ressentirez que peu de gêne après l’examen. Certains patients ressentent parfois :
- des crampes,
- des flatulences,
- une sensation de ballonnement,
- une somnolence due à la sédation.
Goedele Dewitte : « C’est normal et cela disparaît rapidement. Vous resterez brièvement en observation dans le service d’endoscopie après l’examen, surtout si vous avez reçu un sédatif. »
12. Quand puis-je recommencer à manger, boire et travailler ?
- Manger : après l’examen et après l’autorisation du médecin.
- Conduire ou prendre des décisions importantes : pas le jour même, si vous avez pris des anesthésiants ou des sédatifs pour l’examen.
- Travailler : en général, le lendemain.
13. Quand aurai-je les résultats ?
- Votre médecin vous informera généralement juste après l’examen de ce qui a été observé lors de la coloscopie.
- Les résultats de la biopsie sont disponibles dans un délai d’une à deux semaines.
14. Existe-t-il des alternatives à la coloscopie ?
Il existe d’autres techniques d’imagerie, mais elles ne remplacent pas complètement la coloscopie :
- IRM : idéale pour l’intestin grêle, les rétrécissements, les fistules ; sans danger pour les enfants et les femmes enceintes.
- Scanner : rapide et pratique en cas de complications aiguës, mais utilise des rayons X.
Le Dr Geldof souligne la valeur ajoutée unique et l’importance de la coloscopie : « Seule la coloscopie nous permet de prélever des biopsies et d’effectuer certains traitements. C’est pourquoi elle reste une technique indispensable. »
15. Que faire si j’ai peur ou si j’ai déjà eu une mauvaise expérience ?
Goedele Dewitte : « J’entends régulièrement cela de la part des patients. N’hésitez pas à nous en parler. Nous pouvons chercher des solutions ensemble : une légère anesthésie, plus d’explications, un autre moment, un soutien supplémentaire… Nous sommes à vos côtés pour vous aider. »
*MICI signifie Maladie Inflammatoire Chronique de l’Intestin
Rédigé par The Fat Lady, sur la base d’un entretien avec le Dr Jeroen Geldof, gastro-entérologue, et Goedele Dewitte, infirmière spécialisée dans les MICI.
Avertissement : le contenu de cet article est uniquement destiné à des fins informatives et éducatives. Il ne remplace pas les conseils médicaux ou le traitement par un médecin. Consultez votre médecin traitant ou un membre de votre équipe MICI pour toute question et/ou problème de santé spécifique.
C-ANPROM/BE/IBDD/0445 – Janvier 2026