Trouver l’amour, plus difficile quand on a une MICI

KATHLEEN_DRIESLUYTEN9

Il y a quelque temps, j’ai répondu à un appel pour la rubrique Single in the city d’un journal. Quand j’ai vu passer le message sur Facebook, je me suis dit que c’était l’occasion d’évoquer un sujet dont on ne parle pas assez. Car je ne suis pas une célibataire comme les autres. Ma maladie chronique – et tout ce qui en découle – ne facilite pas les choses.

L’épreuve derrière chaque rendez-vous

À 55 ans, j’ai enfin décidé de ne plus rester à l’écart. C’est ma psychologue qui m’a aidée à franchir ce pas. Mais si je n’ai plus honte de ma maladie de Crohn, elle ne facilite pas les rencontres.

Chaque rendez-vous demande tellement d’énergie. Chaque fois, il faut raconter son histoire et attendre de voir comment la personne réagit. Sauf si je ne sens vraiment pas la personne – dans ces cas, je ne dis rien. Si le courant passe, je me sens obligée de jouer cartes sur table. Car imaginez que je ne parle de ma maladie de Crohn – ou de ma stomie – qu’après trois rendez-vous ? Ça ne me semblerait pas honnête, ni pour l’autre, ni pour moi.

Entre doute et désir

Parfois, je me dis que je vais toujours rester seule. Parce qu’il faut l’avouer : être en couple avec moi n’est pas simple. Et ça rebute beaucoup d’hommes. Ma stomie fait peur. Et si ma fatigue n’est pas visible, elle est bien présente. Après un rendez-vous raté, je me dis souvent : pourquoi est-ce que j’essaie encore ?

Pourtant, je continue à croire en l’amour. Pas au chevalier sur son cheval blanc – cette idée-là, j’en suis revenue depuis longtemps – mais à un partenaire avec qui je pourrais partager ma vie. Quelqu’un qui me comprenne, qui ne me voie pas comme un fardeau. Je n’ai pas besoin d’une relation à plein temps. Mais trouver quelqu’un avec qui vieillir et passer de bons moments, ce serait tellement bien.

Des histoires pleines d’espoir

Je ressens un pincement au cœur quand je vois d’autres personnes trouver l’amour même dans des circonstances difficiles, et pas moi. Je les entends dans les groupes de personnes stomisées dont je fais partie : des histoires de femmes qui ont trouvé quelqu’un malgré tout, souvent dans des circonstances inattendues. Comme cette femme qui a rencontré son partenaire à l’hôpital – elle était patiente, lui infirmier. Ça me semble un scénario parfait.

Puis parfois, je me dis : laisse tomber. Je vis seule depuis si longtemps, ne serait-ce pas compliqué de revivre en couple ? Mais l’année prochaine, ma fille part à l’étranger toute une année et là, la maison va être bien silencieuse. Peut-être que ce sera le moment de refaire de la place pour quelqu’un. Pour l’amour, sous l’une ou l’autre forme.

Écrit par The Fat Lady, sur la base d’une interview.

Disclaimer : Le contenu de cet article est uniquement destiné à des fins d’information et d’éducation. Il ne remplace pas un avis médical ou un traitement par un médecin. Veuillez consulter votre médecin traitant ou un membre de votre équipe MICI pour des questions et/ou des problèmes de santé spécifiques.

C-ANPROM/BE/IBDD/0399 (V02) – Juin 2025