Quels médicaments mon enfant peut-il recevoir ?
Chez les patients adultes atteints de MICI, on commence souvent par administrer des corticoïdes en cas de poussée. Malheureusement, les corticoïdes peuvent avoir divers effets secondaires. Dès lors, chez les enfants atteints de la maladie de Crohn, on opte souvent pour une thérapie nutritionnelle comme traitement de crise, sous la forme de Modulen ou de Modulife. La thérapie nutritionnelle aide à contrôler la maladie et peut stimuler la croissance. Toutefois, cette thérapie nutritionnelle n’est pas efficace chez les enfants atteints de rectocolite.
Pour les enfants, l’offre de médicaments est plus limitée que pour les adultes, car les médicaments déjà commercialisés pour les adultes n’ont pas tous été suffisamment étudiés chez les enfants ; certains ne sont donc pas encore approuvés, ni remboursés. Ces traitements d’entretien se présentent sous forme de comprimés, d’injections ou de perfusions. Chaque patient réagissant différemment à un traitement, il est important de définir la bonne approche avec le médecin. Si le médicament ou le traitement n’a pas d’effet suffisant sur votre enfant, la participation à une étude clinique peut être une option.
Quels sont les effets secondaires possibles ?
Le traitement vise une guérison complète de la muqueuse intestinale, afin d’offrir à votre enfant la meilleure qualité de vie possible. Cependant, tous les traitements peuvent avoir des effets secondaires. Ceux-ci varient d’un traitement à l’autre, et tous les enfants n’en souffrent pas de la même manière.
Les patients atteints de MICI reçoivent souvent des médicaments qui affaiblissent leur système immunitaire, ce qui les rend plus sensibles aux infections. C’est pourquoi votre médecin vous recommandera de faire vacciner votre enfant notamment contre la grippe, le Covid, les pneumocoques et l’hépatite.
Pourquoi le traitement diffère-t-il de celui des adultes ?
L’offre pour les mineurs est plus limitée, car les nouveaux médicaments sont toujours testés d’abord sur des adultes. Ce n’est que dans un deuxième temps que des études sont menées chez les enfants, ce qui retarde la mise sur le marché de ces traitements.
Ces études sont importantes pour déterminer la posologie optimale chez les enfants, car celle-ci est souvent différente de celle des adultes. En effet, les enfants ne sont pas des adultes miniatures et réagissent souvent différemment. C’est pourquoi il est essentiel d’acquérir des connaissances spécifiques sur l’efficacité et la sécurité de ces médicaments chez les enfants, afin que la posologie puisse être adaptée à leur poids et à l’activité de la maladie.
À quelle vitesse un traitement agit-il ?
Un traitement n’est pas un remède miracle, vous ne remarquerez donc pas d’effet immédiat. Selon le médicament, cela peut prendre des jours, voire des semaines, avant que vous constatiez une amélioration.
Mon enfant devra-t-il suivre un traitement à vie ?
C’est fort probable. La maladie de Crohn et la rectocolite sont des maladies chroniques qui ne peuvent pas encore être guéries. Les traitements visent à supprimer l’inflammation et à prévenir les poussées, afin que votre enfant se sente bien et puisse mener une vie normale.
Par contre, il est important de démarrer le traitement rapidement après le diagnostic. Plus le traitement est pris tôt et de manière conséquente, moins la croissance, la puberté et le développement général de votre enfant seront affectés.
Les MICI peuvent-elles déclencher d’autres symptômes ?
Oui, la maladie de Crohn et la rectocolite s’accompagnent souvent de symptômes qui ne touchent pas uniquement le système gastro-intestinal. Certains d’entre eux peuvent être causés par les médicaments, mais dans la plupart des cas, c’est la maladie elle-même qui en est responsable. On parle alors de « manifestations extra-intestinales ». Les organes les plus fréquemment touchés sont notamment la peau, les articulations, le foie et les yeux ; mais en principe, tous les systèmes d’organes peuvent être affectés. Alors n’hésitez pas à signaler tout type de symptôme à votre médecin, afin qu’ils puissent être traités rapidement.
Mon enfant peut-il être vacciné ?
Bien sûr, les vaccins sont même recommandés. En plus des vaccins de base, votre médecin vous conseillera des vaccins supplémentaires. En effet, pour garder la maladie sous contrôle, on donne souvent aux enfants atteints de MICI des médicaments qui affaiblissent leur système immunitaire, ce qui les rend plus sensibles aux infections. On vous conseillera donc des vaccins contre le COVID, la grippe, les pneumocoques (risque d’inflammation des poumons ou du cerveau) et l’hépatite.
Mais tous les vaccins ne conviennent pas aux enfants atteints de MICI. Votre médecin déconseillera les vaccins dits « vivants », comme ceux contre la rougeole, la fièvre jaune, les oreillons ou la rubéole, si votre enfant est traité avec des médicaments qui affaiblissent son système immunitaire. Chez eux, les vaccins vivants atténués risquent de provoquer la maladie infectieuse contre laquelle ils sont censés protéger. La vaccination n’est parfois possible que si le traitement est interrompu pendant une période suffisamment longue. Mais si on fait cela, on augmente le risque de poussées. En parler avec votre médecin est donc essentiel.
Que faire si mon enfant ne peut pas avaler de comprimés ?
Pour les jeunes enfants, avaler des comprimés peut être difficile. Avec un entraînement progressif, éventuellement sous la supervision d’un·e logopède, ils parviennent généralement à prendre leurs médicaments. Ils peuvent s’entraîner à avaler de différentes manières, par exemple avec des gélules placebo. En général, ils y parviennent après quelques jours d’entraînement. Vous pouvez également vous entraîner à la maison avec votre enfant, après avoir consulté la ou le logopède.
Le contenu de cet article est uniquement destiné à des fins d’information et d’éducation. Il ne remplace pas un avis médical ou un traitement par un médecin. Veuillez consulter votre médecin traitant ou un membre de votre équipe MICI pour des questions et/ou des problèmes de santé spécifiques.
C-ANPROM/BE/IBDD/0435 – Dec 2025