Quels examens sont nécessaires pour diagnostiquer une MICI ?

La première étape consiste en un examen physique :

  • Pesée et mesure de la taille
  • Examen de l’abdomen
  • Examen de l’anus

Analyse sanguine :

  • Mesure des valeurs inflammatoires
  • Contrôle de l’anémie
  • Exclusion d’autres affections

Examen des selles :

  • Recherche de bactéries, virus ou parasites
  • Mesure des valeurs inflammatoires

Imagerie :

  • Échographie abdominale : montre un éventuel épaississement de la paroi intestinale.
  • IRM : montre un éventuel épaississement de la paroi intestinale et permet d’estimer l’étendue de la maladie et les complications possibles.

Endoscopie (en cas de suspicion d’inflammation) :

Chez les enfants, on réalise toujours une gastroscopie et une iléocoloscopie lors du diagnostic. Ces examens permettent de bien évaluer l’étendue et la gravité de l’inflammation et de déterminer s’il s’agit de la maladie de Crohn (qui peut entraîner des inflammations dans tout le système gastro-intestinal) ou d’une rectocolite (dont l’inflammation se limite au côlon). Des prélèvements de tissus (biopsies) seront effectués pendant l’endoscopie afin de confirmer le diagnostic.

  • Iléocoloscopie : une caméra est introduite par l’anus et par le côlon, jusqu’à la jonction avec l’intestin grêle.
  • Gastroscopie : une caméra est introduite par la bouche vers l’œsophage, l’estomac et le duodénum.

Objectif : définir s’il s’agit de la maladie de Crohn (inflammation de l’ensemble du système gastro-intestinal) ou de la rectocolite (inflammation du côlon).

Quel est le degré de fiabilité du diagnostic ?

La combinaison d’une endoscopie, des biopsies et de l’imagerie permet d’établir un diagnostic définitif. Votre médecin peut ainsi exclure toute autre cause des symptômes.

Les MICI peuvent-elles être causées par une forme de négligence de la part des parents ?

Non. La cause exacte des MICI est encore inconnue, mais les recherches indiquent qu’elles sont causées par une interaction complexe entre des facteurs environnementaux, une flore intestinale perturbée et un système immunitaire hyperactif, associés à une prédisposition héréditaire. Vos éventuels sentiments de culpabilité sont compréhensibles, mais injustifiés.

Les frères et sœurs doivent-ils être testés ?

Si un membre de la famille proche (sœur, frère ou parent) est atteint d’une MICI, le risque de développer une MICI est fortement accru : huit fois plus élevé pour la maladie de Crohn et quatre fois plus élevé pour la rectocolite1. Cela dit, seule une minorité des frères et sœurs développeront effectivement la maladie de Crohn ou la rectocolite, car le risque de MICI est généralement faible. En Europe occidentale et aux États-Unis, le risque de développer une MICI est de 0,4 %. En cas de prédisposition familiale, ce risque passe à 1,6 % (x4) pour la rectocolite et à 3,2 % (x8) pour la maladie de Crohn.2 Même chez des jumeaux, l’un peut être atteint d’une MICI et l’autre non. Il n’existe aucun test permettant de prédire si des frères et sœurs vont développer la maladie. Toutefois, il est judicieux de les faire examiner s’ils présentent des symptômes similaires.

Comment la maladie va-t-elle évoluer chez mon enfant ?

L’évolution d’une MICI est imprévisible et varie d’un enfant à l’autre. Des facteurs comme la gravité et l’étendue de la maladie, un retard de croissance ou des complications telles que des fistules peuvent jouer un rôle. Une poussée de MICI peut survenir soudainement ou se développer progressivement. Chez certaines personnes, la maladie reste sous contrôle pendant de nombreuses années, tandis que d’autres souffrent régulièrement de symptômes récurrents, en raison du caractère chronique des MICI. Comme la maladie évolue de manière imprévisible, il est difficile pour les médecins de prédire comment la situation va évoluer. Cela rend la gestion des MICI particulièrement compliquée pour les enfants et leur famille. Une chose est sûre : il s’agit d’une maladie chronique, pour laquelle il n’existe malheureusement pas de traitement définitif à ce jour.

 Références :

  1. MICI Risk-It Is All in the Family! Sharip MT, Subramanian S. J Crohns Colitis. 27 janvier 2023 ; 17(1) : 28-29.
  2. Moller FT, Andersen V, Wohlfahrt J, Jess T. Familial risk of inflammatory bowel disease: a population-based cohort study 1977–2011. Am J Gastroenterol 2015;110:564–71.

Le contenu de cet article est uniquement destiné à des fins d’information et d’éducation. Il ne remplace pas un avis médical ou un traitement par un médecin. Veuillez consulter votre médecin traitant ou un membre de votre équipe MICI pour des questions et/ou des problèmes de santé spécifiques.

C-ANPROM/BE/IBDD/0435 – Dec 2025