De l’ombre à la lumière
Il y a eu pas mal de bouleversements dans ma vie, ces dernières années. Je sors d’une des périodes les plus compliquées que j’aie jamais traversées, surtout sur le plan mental. C’était une période sombre, marquée par les moments difficiles et l’épuisement, mais qui m’a beaucoup appris. Mais pendant tout ce temps-là, par miracle, je n’ai pas eu de poussée.
La rechute, ma plus grande crainte
Même si j’étais au plus mal mentalement, je n’ai heureusement pas eu à subir de rechute physique. Au moment de mon effondrement mental, je n’avais pas connu de poussées depuis une dizaine d’années. Et si je n’en ai plus eu d’autres, je le dois aux soins de ma fabuleuse équipe MICI. Grâce à son suivi rapproché, j’ai pu me concentrer sur mon rétablissement mental. Même si la peur de refaire une poussée ne me quittait pas.
Mon corps a tiré la sonnette d’alarme
En fait, cette crise se préparait depuis plusieurs années. Je me sentais si bien physiquement que j’en faisais beaucoup trop. Je fonçais, en ignorant les besoins de mon corps et de mon esprit. Jusqu’à ce que mon corps dise « stop ». Je n’avais jamais digéré la perte de mon père et, cinq ans après son décès, mon corps a lâché. Je me suis effondrée lors d’un appel avec un collègue. Il me demandait comment j’allais et j’ai éclaté en larmes. Quand je suis allée voir mon médecin, il m’a confirmé que j’avais largement dépassé mes limites.
Je n’ai repris le travail qu’au début de cette année. Mais d’abord, j’ai dû prendre deux ans pour sortir du stress permanent et ralentir. Ma guérison n’a vraiment commencé que quand j’ai appris à écouter mon corps.
J’étais bien entourée
Heureusement, je n’étais pas seule. Mon mari et mes proches m’ont offert leur soutien inconditionnel. En plus, je me suis fait accompagner par un coach de vie et un psychologue. Grâce à la thérapie EMDR*, j’ai appris à gérer le deuil de mon père, que j’avais refoulé si longtemps. Sur le plan médical aussi, j’ai été bien soutenue.
Dormir pour aller mieux
Le premier conseil que j’ai reçu ? Dormir. Et c’est ce que j’ai fait, même si c’était difficile au début. Dans mes rêves, je revivais toutes mes émotions refoulées. Mais peu à peu, avec la thérapie et les conseils, retrouvé une certaine sérénité. Je dormais jusqu’à 14 heures par nuit, car mon corps avait besoin de rattraper des années de sommeil. Ce n’est qu’une fois bien reposée que j’ai pu entamer mon processus de guérison.
Pas à pas
Au bout d’un an et demi environ, les premiers signes de rétablissement sont apparus : j’arrivais à nouveau à me lever, me brosser les dents, me promener. Petit à petit, j’ai senti que je redevenais moi-même. Je pouvais à nouveau être présente pour mon mari et mes amis. Ils m’ont laissée revenir à mon rythme, sans pression ni attentes, et leur soutien m’a vraiment aidée à surmonter cette épreuve.
Ceux qui ne comprennent pas
Mais tout le monde n’a pas été aussi compréhensif. Alors que j’étais en arrêt maladie depuis à peu près un an, une amie m’a envoyé un message qui m’a profondément blessée. Elle trouvait que j’avais passé assez de temps ‘dans ma grotte’. Pourtant, toute personne qui a vécu un burn-out ou une dépression sait à quel point c’est complexe. Je ne pouvais pas être là pour les autres parce que je devais d’abord me retrouver moi-même. Heureusement, j’avais aussi des amis qui me disaient : « Passe nous voir, on a juste envie que tu sois là, quel que soit ton état ».
D’ennemie à messagère
Mentalement, je me sens mieux, mais j’ai plus de douleurs abdominales depuis quelques mois, comme une boule au ventre. Je pense que ce n’est pas une coïncidence. Je sais que je ne suis pas heureuse dans mon travail actuel et que je dois changer. Mon corps me donne des signaux clairs et, cette fois, je vais l’écouter. Ma maladie de Crohn n’est plus mon ennemie, elle est devenue une messagère. C’est ce que je veux transmettre à mon entourage : prenez les signaux de votre corps au sérieux, ils veulent vous dire quelque chose.
La maladie de Crohn ne me définit pas
Même si cette période a été difficile, je suis reconnaissante des leçons que j’en ai tirées. J’ai appris que je n’étais pas invincible, que je devais écouter mon corps et ne pas toujours me plier aux attentes des autres. La maladie de Crohn fait partie de moi, mais elle ne me définit pas.
*Eye Movement Desensitization and Reprocessing, se traduit par « Désensibilisation et Retraitement par les Mouvements Oculaires ». L’EMDR est une approche thérapeutique utilisée pour traiter les traumatismes psychologiques et les troubles liés au stress post-traumatique, en utilisant des mouvements oculaires ou d’autres stimulations bilatérales.
Écrit par The Fat Lady, sur la base d’une interview.
Disclaimer : Le contenu de cet article est uniquement destiné à des fins d’information et d’éducation. Il ne remplace pas un avis médical ou un traitement par un médecin. Veuillez consulter votre médecin traitant ou un membre de votre équipe MICI pour des questions et/ou des problèmes de santé spécifiques.
C-ANPROM/BE/IBDD/0399 – Juin 2025